Le paludisme est une maladie transmise par les piqures de moustiques. Il existe plusieurs formes de paludismes aux conséquences parfois graves. Les zones où l’on trouve du paludisme ont été classifiées en 3 catégories selon le type de paludisme qui y sévit. Un voyageur qui se rend dans une zone à risque doit utiliser une chimioprophylaxie adaptée au risque de la zone dans laquelle il se rend.
La prise du traitement préventif obéit à un schéma précis. Il existe 3 types de traitement :
- La nivaquine dans les pays du groupe 1 qui sont de moins en moins nombreux
- La savarine ou la malarone dans les pays du groupe 2 de moins en moins nombreux
- La malarone, le lariam ou la doxycycline dans les pays du groupe 3 c’est à dire tous les pays d’Afrique et d’Amazonie (pour plus de précision sur les groupe se référer au lien avec le BEH) où sévit un paldudisme résistant
- Certains pays ont un risque sporadique faible et ne nécessitent pas nécessairement de traitement.
En dehors de la prophylaxie antipaludique par médicaments, le voyageur qui se rend en zone impaludée doit adopter des mesures de prévention (cf 2° partie) : répulsifs, moustiquaires...
Comment prend-on les antipaludiques ?
- La nivaquine, la savarine, le doxypalu (doxycycline), doivent être débutés le jour du départ, ils sont à prendre pendant toute la durée du séjour et seront poursuivis 4 semaines après le retour.
| Adulte et enfant de plus de 8 ans avec poids>40kg | 1 cp par jour de Doxycycline 100mg |
| Enfant de plus de 8 ans avec poids <40kg | 1 cp par jour de Doxycycline 50mg |
- La malarone est à prendre selon le même schéma mais ne sera poursuivie que pendant 7 jours après le retour. Les comprimés doivent être pris au milieu du repas principal ou avec du lait.
| Adulte | 1 cp /jour à 250mg |
| Enfant >40kg | 1cp à 250mg/jour |
| Enfant >31kg | 3cp à 62,5mg/jour en 1 seule prise |
| Enfant >21kg | 2 cp à 62,5mg/jour en 1 seule prise |
| Enfant>11kg | 1 cp à 62,5mg/jour en 1 seule prise |
- Le Lariam est le seul médicament qui se prend à raison d’une fois par semaine. En théorie le Lariam doit être débuté 3 jours avant le départ mais en pratique il est recommandé de le débuter 10 jours avant le départ car le Lariam peut donner des effets indésirables sévères et il est préférable de savoir avant le départ si le produit sera bien supporté. La prophylaxie du Lariam est inefficace dans certaines zones du Cambodge et de la Thaïlande.
| Adulte et enfant >45kg | 1 cp par semaine |
| 31 à 45kg | 3/4 cp par semaine |
| 20 à 30 kg | 1/2 cppar semaine |
| 15 à 19 kg | 1/4 cp par semaine |
Les médicaments sont souvent interrompus de façon précoce après le retour, parfois ils ne sont pas pris du tout, soit en raison d’une mauvaise information concernant le pays où le voyageur se rend, soit en raison de difficultés économiques, soit en raison de croyances culturelles (des personnes issues des pays d’origine qui retournent en vacances se pensent immunisées contre le risque paludique).
Combien coûte un traitement antipaludique ?
A l’exception de la nivaquine (pays du groupe 1) et de la doxycycline (groupe 3) les médicaments prescrits pour la prévention du paludisme sont coûteux et ne sont pas remboursés par la sécurité sociale ou les mutuelles.
Nous indiquons dans le tableau suivant le coût du traitement pour une prophylaxie complète d’un séjour de 4 semaines (ce prix prend en compte la durée nécessaire du traitement au retour du pays impaludé).
| marque | prix moyen |
|---|---|
| Nivaquine | 6€ |
| Savarine | 44€ |
| Lariam | 90€ |
| Doxypalu | 30€ |
| Malarone | 159€ |
Astuce : le doxypalu est un antibiotique (la doxycycline 100mg) très fréquemment prescrit en médecine pour des maladies comme l’acné ou dans certaines infections génitales. Dans ces indications cet antibiotique est commercialisé à un faible coût sous des noms différents et est remboursé par la sécurité sociale. Dans l’indication prophylaxie du paludisme la doxycycline 100 est commercialisée sous le nom de Doxypalu et n’est pas remboursée par la sécurité sociale. Il est possible de demander une prescription de doxycycline 100 à votre médecin
Avantages et inconvénients des antipaludiques.
La nivaquine est le plus ancien des antipaludiques, elle peut être utilisée par les adultes, par les femmes enceintes et par les enfants quelque soit l’âge (sous forme de sirop). Les effets indésirables sont peu fréquents. A noter quand même des problèmes cutanés chez certaines personnes. Malheureusement les pays du groupe 1 sont de plus en plus rares et il ne sert à rien de l’utiliser dans les pays des groupes 2 et 3 car elle ne protégera pas contre les formes de paludisme résistantes.
La savarine est une association de nivaquine et de paludrine, son utilisation est simple et elle présente les mêmes effets indésirables que ceux de la nivaquine plus ceux de la paludrine qui sont rares. Il ne faut pas l’utiliser dans les pays du groupe 3.
Le lariam est un antipaludique très efficace mais il peut être responsable d’effets indésirables sévères et notamment de troubles neuro-sensoriels (vertiges, troubles visuels...) ou psychiatriques sévères. Le lariam est responsable de la première cause de rapatriement sanitaire pour manifestations psychiatriques.
La malarone est l’antipaludique le plus récent. Ce médicament peut être donné aux enfants (la posologie sera adaptée au poids) et aux femmes enceintes. Chez l’enfant de moins de 6 ans les cp doivent être écrasés. Habituellement son utilisation ne pose pas de problème particulier mais sont coût élevé en limite parfois son utilisation.
La doxycycline est contre-indiquée chez les enfants de moins de 8 ans (risque pour l’émail dentaire) et chez les femmes enceintes (possible utilisation au premier trimestre de la grossesse). Un des effets indésirables possible de la doxycycline est la photosensibilisation. Cet effet indésirable est rare surtout si la doxycycline est prise en fin d’après-midi ou le soir.
Toutes les personnes qui ont des pathologies spécifiques ou qui ont des traitement réguliers doivent en parler avec leur médecin traitement.
Autres questions spécifiques sur l’utilisation des antipaludiques
En cas de voyage d’une durée inférieur à 1 semaine il est possible de ne pas prendre d’antipaludéen à condition d’être particulièrement respectueux des autres mesures de prévention du paludisme et de consulter en cas de fièvre au retour (après piqure par des moustiques, il faut au moins 7 jours pour déclarer un paludisme).
En cas de séjours prolongés dans un pays (plus de 6 mois) il est difficile de suivre une prophylaxie permanente. L’organisme acquiert une immunité relative par des piqures de moustique répétées. En pratique la prophylaxie antipaludique est souvent interrompue après 6 mois de séjour dans le pays, à condition de traiter par antipaludéen les poussées de fièvre qui feraient évoquer un paludisme.
Les migrants qui séjournent en France perdent leur immunité relative contre le paludisme après quelques mois. Ils sont donc aussi vulnérables que les autres au paludisme quand ils retournent dans leurs pays d’origine et doivent prendre une prophylaxie.
Sources :
- Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire (BEH) du 24 juin 2008
- Séance d’information sur la médecine du voyage hôpital Tenon du 16 juin 2008 - Dr G. LELOUP
- Guide pratique des médicaments : Dorosz 2009